Des civilisations mésoaméricaines, celle des Mayas semble être celle qui s'est le plus étendue dans le temps. Leur passé peut être divisé en plusieurs périodes. La première d'entre elles fut le pré-classique ancien (1600-1200 avant J.-C), qui débuta avec l'apparition de la céramique. Dès 1500 avant J.-C, les hameaux installés au bord du Golfe du Mexique essaiement vers le nord du Belize, les Basses Terres et le Yucatán. Durant le pré-classique moyen (1200-800), parallèlement aux cités olmèques avec leurs stèles, leurs statues, leurs grandes places cérémonielles et leurs pyramides, on peut tracer les contours géographiques de l'ère maya : septentrionale (le Yucatán), centrale (les Basses Terres), méridionale (les Hautes Terres). Si l'influence de Teotihuacán, puissante cité du haut plateau mexicain, donne aux Mayas le goût des panaches et ornements de plumes, le principe de la voûte à encorbellement, des dieux et des symboles, elle n'empêche pas l'essor d'une organisation sociale et d'une architecture monumentale propre aux Mayas. Les échanges commerciaux se font entre cités, les terres sont distribuées : le système se consolide au rythme de l'expansion territoriale. L'ensemble stèles-autels devient la principale forme monumentale du monde maya. C'est à Chiapa de Corzo que l'on trouve, en 36 avant J.-C. la première trace d'écriture maya. Durant le Classique moyen (500-650 ap.J.-C.), l'essor architectural se ralentit. Le pouvoir se divise en deux têtes : l'une chargée de l'intérieur, l'autre des affaires extérieures. Sur les stèles, la figure du prince conquérant et victorieux annonce les dynasties guerrières. Le sel vient du nord-ouest du Yucatán, les coquillages et fruits de mer se vendent avec succès tout comme les plumes de quetzal ou de colibri. Dans les Basses Terres, le jeu de balle devient l'un des nombreux rituels. Attiré par le cacao et la position stratégique de l'ère méridionale maya, Teotihuacán y étend son influence. Le Classique récent (650-800) correspond à l'apogée du monde maya. Les Basses Terres prospèrent et se peuplent de plus en plus. Séparées par la jungle, les cités-états, très nombreuses, connaissent parfois la richesse sur une ou deux générations avant de s'éteindre. Frappée par un incendie, Teotihuacán décline tandis que Monte Albán, l'autre rivale, montre des signes de faiblesse. Les Mayas, bien organisés, vivent alors leur âge d'or. Ils cultivent les terres hostiles du Petén, et font naître, du Yucatán aux Hautes Terres, des cités puissantes, raffinées comme jamais le monde précolombien n'en a connues. Avec la chute de Teotihuacán au IXème siècle, c'est toute la région qui est déséquilibrée. Nous sommes alors au Classique Terminal (800-950). Des hordes venues du nord s'attaquent au haut plateau central du Mexique. Dans la ville, la population est divisée par dix. Dans le Yucatán, comme dans les Basses et Hautes Terres, le déclin de l'écriture est général.

Prochaine épisode sur les Toltèques et les Aztèques.