La danse des voladores est pratiquée depuis des temps immémoriaux par les Indiens Totonaques. Elle se déroule en plusieurs temps dont le point d'orgue est l'envol des quatre danseurs qui représentent le ciel, la terre, le feu et l'eau, tandis que le mât est dressé au centre de cette vision verticale. Perché sur une minuscule plateforme de 40 cm de côté, le cinquième homme, le caporal, debout, arc-bouté vers le ciel, lance les notes aigrelettes de sa flûte vers Chichini, le dieu du soleil, tout en jouant du tambourin. Lorsqu'il s'arrête, les voladores attachés par les pieds s'élancent tête en bas. Tandis que les miroirs cousus dans leurs chapeaux accrochent les rayons solaires, ils effectueront chacun 13 tours autour du poteau, soit au total 52, en référence à l'année solaire. Le nom totonaque des danseurs, Koxnin, signifie "le vol des morts". Si l'on trouve désormais des voladores dans tout le Mexique, seuls les danseurs de Papantla dont le mât traditionnel est dressé devant la vieille mission ont conservé la dimension métaphysique de cet art périlleux.